
Si l’on en croit Stephen Hawking, iconique théoricien du Temps, de l’Espace et de leurs espiègleries, nous ne sommes pas seuls dans l’Univers, loin de là, mais ses habitants nous sont invisibles, car ils se cachent comme de petites gorgonites.
Selon le savant, Enrico Fermi aurait négligé une notion importante dans l’élaboration de son paradoxe : les civilisations qui auraient éventuellement atteint un stade de développement leur permettant d’aller baguenauder dans la Galaxie telle une gang de baladins des étoiles s’en interdiraient le loisir de peur de se faire remarquer.
Hawking suggère qu’une rencontre entre deux civilisations interstellaires devrait être considérée à la lumière de l’expérience amérindienne, ainsi que nous y invite le principe de médiocrité. Les aliens, qui n’ont pu manquer de parvenir à la même conclusion, auraient tout naturellement pris les dispositions idoines afin que pas un photon ne s’échappe de leurs trépidantes activités cosmiques qui risquerait de trahir leur existence. Et voilà justement ce qui fait que l’univers est silencieux.
Ainsi seraient mis en terre les fantasmes hippies de rencontre avec des êtres d’une sagesse étourdissante aux yeux globuleux avec une tête de tortue qui viendraient nous parler dans la montagne pour nous révéler à quel point nous sommes ballots. L’espace serait truffé de civilisations-taupes, embusquées au détour d’une nébuleuse afin de ravager toute concurrence pour l’exploitation des ressources, ou pour se prémunir de se faire ravager elles-mêmes.
La remarque du physicien date de 2010 et résonne de la même manière qu’une déclaration plus récente où il s’émeut de la menace de l’IA. Alors forcément, on se dit que le professeur Hawking est une sacrée chochotte. Il serait malgré tout suivi sur le sujet par Elon Musk (décidemment, ces deux-là ne négligent pas une occasion de faire les larrons) ainsi que d’autres personnalités liées à la SF ou à l’astronomie.
Le débat est né semble-t-il de la volonté de Doug Vakoch, du programme SETI, de cesser de se borner à écouter le silence des espaces infinis et de distribuer des missives interstellaires à la cantonade afin d’inviter les peuples de la Galaxie à se réunir nus dans les étoiles pour un criss de party.

Bien entendu, la démarche déchaîne l’enthousiasme, même si la raison nous contraint à n’en retenir que la composante symbolique. La NASA a bien diffusé en 2008 la chanson des Beatles Across the Universe en direction de l’étoile polaire, mais ce qui pour nous est sans équivoque un message de paix, pourrait bien être perçu par tout autre comme une invitation à la chicane, ou plus probablement mis à la poubelle avec le reste des parasites qui encombrent les fréquences de notre merveilleuse galaxie.
Mais quid des distances astronomiques alors ? La lenteur même avec laquelle se déplace la lumière rend affreusement improbable qu’un de nos messages parvienne à un destinataire quelconque avant que notre propre civilisation ait été balayée par des siècles d’érosion, ou bien ait évolué en quelque chose de si étrange que nous-mêmes ne la reconnaitrions pas.
Reste l’espoir qu’un jour lointain, nos gaillards ingénieurs parviennent à mettre au point un système de propulsion inspiré de la fantasmatique métrique d’Alcubierre, et permette à nos semblables d’obtenir enfin le statut de peuple des étoiles, et parcourir la galaxie pour s’y abandonner à la Quête Rationnalisée du Profit.


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