No Man’s Sky

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Alors c’est une époque excitante dans laquelle nous vivons, où chaque jour dévoile de nouvelles découvertes et élargit notre horizon. Le corolaire étant évidement qu’il apparaît chaque jour de nouveaux mystères à élucider dès le petit déjeuner.

La rumeur récente concernant une planète similaire à la nôtre en orbite autour de Proxima du Centaure illustre bien ce phénomène. Même si la nouvelle sera sans doute substantiellement relativisée, elle attise néanmoins la fièvre qui tourmente tout un chacun sur le sujet de la vie extra terrestre.

Giordano Bruno, et avant lui Epicure, et avant lui encore sans doute quelqu’autre chenapan, ont évoqué la notion de pluralité des mondes habités.

Jusqu’à la fin du 20e siècle, la question est demeurée essentiellement théorique, avec un penchant pour le scepticisme fondé sur la singularité du phénomène de la vie. Cependant, depuis que les exoplanètes authentifiées se comptent par millier, la mode est aujourd’hui plutôt à l’enthousiasme. Comme le remarquait Carl Sagan, la vie ne doit pas être un phénomène si difficile à faire apparaître puisqu’elle est apparue si tôt dans l’histoire de la Terre (3.5Ga). Notons néanmoins qu’un sévère puriste peut légitimement objecter qu’un échantillon réduit à une seule planète offre une faible pertinence statistique. Un autre argument lui, fait observer que l’univers est si vaste (en fait il l’est tellement qu’on ne sait pas à quel point), qu’il s’y trouve probablement plus de planètes habitables que nécessaire pour héberger des essaims de civilisations extra terrestres.

La vie serait donc une chose si commune que l’univers en serait infesté.

I’m not sayin, but…

Mais alors où sont-ils ? Pourquoi est-ce sans succès que nos oreilles métalliques scrutent le cosmos dans l’espoir d’une communication transneptunienne ? Depuis des décennies, les explications familières sont avancées avec un bonheur inégal :

  • Les civilisations sont des phénomènes instables et éphémères. Elles n’ont jamais le temps de s’étendre bien loin dans l’espace avant de disparaître.
  • Les civilisations sont de nature méfiante. Elles se cachent pour éviter de s’attirer des ennuis (Hawking, 2015).
  • Les civilisations aliens sont fréquentes autour de nous, mais nous ne pouvons les voir à cause de nos préconceptions étroites de ce qu’est au juste une civilisation.
  • Les aliens sont parmi nous. Depuis la Nuit des Temps, ils influencent l’Histoire humaine déguisés en frères Bogdanov. D’ailleurs, si ne sont pas eux qui ont construit les pyramides, alors qui ? (G A Tsoukalos)

Mais depuis quelques années la tendance est à une nouvelle marotte. The Transcension Hypothesis suggère que toute civilisation suffisamment développée est inévitablement conduite à quitter l’espace-temps observable pour disparaître dans des univers virtuels de leur propre invention. Cette proposition a l’avantage de se situer dans un domaine qui nous est devenu familier. Les technologies de l’information et leur développement effréné autorisent le rêve accessible de pouvoir simuler des univers et de les explorer. Selon les conversations à la mode d’ailleurs, le nôtre en serait un, à n’en pas douter (E Musk, 2016).


Cet été est sorti le jeu tant attendu No Man’s Sky dont nous rêvons tous depuis 1982. Un univers complet, généré de façon procédurale et persistante au fur et à mesure que le joueur en explore les 2^64 planètes. Le but du jeu est de découvrir le but du jeu, ce qui rappelle sans doute quelque chose à tout un chacun. Ce n’est qu’un argument, mais si les aliens de toutes les galaxies se font tellement discrets, c’est peut-être simplement qu’ils sont tous enfermés dans leur chambre à jouer aux jeux videos.


Adieu monde poussiéreux. Loin d’ici je m’en vais. Vers des cieux fabuleux
Jamais je ne reviendrai

Adieu monde poussiéreux.
Loin d’ici je m’en vais.
Vers des cieux fabuleux
Jamais je ne reviendrai

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