Les Astéroïdes

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Planetary Ressources projette d’exploiter les astéroïdes proches pour en extraire les matériaux qui nous font défaut. On dénombrerait pas moins de 1500 de ces cosmolithes dans les parages de notre belle planète, et le moindre d’entre eux contiendrait plus de ressources minières que l’humanité n’a su en extraire de sa planète depuis le néolithique.

Peter H Diamandis, le fondateur de la compagnie et prestigieux initiateur du Ansari X Prize, assure qu’il est aussi facile de se rendre sur ces astéroïdes que sur la Lune. On pourrait objecter que la Lune est devenue peu fréquentée depuis quelques décennies, mais elle reçoit tout de même de fréquentes visites d’engins variés, originaires d’un nombre croissant de nations de par le globe.

La crédibilité de l’affaire est soutenue par une collection d’industriels, scientifiques, vétérans de l’espace et investisseurs (où en serions-nous sans les riches ?), sans oublier James Cameron, l’explorateur.

Parmi les matériaux convoités on cite le platine. Rare et cher sur Terre, le platine est réputé infester les géocroiseurs avec une abondance provocante. A 50 000 dollars le kilogramme, cette abondance doit sans doute faire se dresser les esgourdes d’investisseurs peu farouches (depuis le néolithique, vous dit-on !).

Les profits envisagés expliquent peut-être la motivation sans faille des acteurs de cette aventure, je cite : « We will aggressively accept mission risk where appropriate ». Il est donc prévu à certains moments convenables, de faire fi des risques et de prodiguer de l’agressivité.

Moi qui geint depuis les années 90 que la conquête spatiale est trop timide me voilà comblé : Agressive, la conquête, hop.

Si l’affaire parvient à maturité, certaines questions sur l’avenir de nos civilisations pourraient s’en trouver bouleversées. En effet, considérant la promesse de ressources minières virtuellement inépuisables, le spectre des fameux pics de production qui angoissent tant de nos contemporains se verrait refoulé à l’infini des temps. Ou au moins le temps de dévorer le Système Solaire, ce qui pour notre vigoureuse espèce n’est sans doute pas inaccessible, mais tout de même un brin ambitieux.

Les alarmes sur l’épuisement des ressources planétaires n’auraient alors plus à retentir, et il n’apparaitrait plus si nécessaire de mettre un terme à l’expression de notre avidité. Le ciel n’est plus la limite, mais la clé de la salle des coffres.

Plus loin encore, on entrevoit quels bénéfices l’immensité des ressources sidérales pourrait nous apporter. Plutôt que de croupir dans le nuage d’Oort, les comètes permettraient de remplir des océans, de gonfler des atmosphères et de faire de nos descendants des créateurs de mondes…

Combien faudrait-il précipiter de comètes sur Mars pour la rendre habitable ?

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