
Enfin, enfin, après des années de silence, on reparle de la viande synthétique. De mémoire, le concept était esquissé dans au moins deux récits de science fiction, dont le cataclysmique Ravage de Barjavel, et un texte dont je ne retrouve ni l’auteur ni le titre qui s’achevait par une conclusion cannibale.
Il s’agit de produire de la viande en cultivant les cellules musculaires des animaux que l’on souhaite dévorer, à l’image de la culture de cellules épidermiques destinées aux greffes (qu’à ma connaissance on ne dévore pas, mais le souhaiterait-on ?).
Mettant de côté l’épineuse question du goût dans un premier temps, on peut remarquer que les bénéfices à attendre de cette technique en terme environnemental sont énormes, puisque l’on parle de réduire de deux ordres de grandeur l’émission de gaz à effet serre, l’ocupation des terres agricoles et la consommation d’eau.
Un autre aspect avantageux offerte par cette nouvelle possibilté est celui de la disparition de la souffrance animale. Délivrés des élevages intensifs et de l’abattoir, nos gaillards steacks ambulants pouraient sans angoisses parcourir les plaines en joyeuses gambades jusqu’à ce que la décrépitude les emporte.
Mais surtout, cela signifie avec puissance, que le moment venu, il ne subsitera aucun obstacle à la consomation de viande sur Mars ! Il suffira d’importer d’infimes cellules et de la technologie. Le reste n’est que bricolage.
Allélujah.
Il restera encore à résoudre/dissiper/contourner le délicat problème du fromage. Car il est certain qu’une vie sans fromage est une ineptie sans fond. Mais l’industrie alimentaire, qui sans cesse nous stupéfait par ses prodigieux tours de passe passe, saura franchir le mur du fromage, n’en doutons pas un instant.
A présent, concernant le goût des aliments ainsi produits, allez-donc savoir. Mais l’ingéniosité humaine se dépatouillera certainement pour résoudre/dissiper/contourner cette écueil, car le ciel lui-même est une bien risible limite à l’égard à nos ambitions babyloniennes.
En attendant j’ai grande hâte de fêter mes 250 ans, afin d’exécuter avec entrain les maniaques Dithyrambes sous l’imperceptible clarté de Phobos au premier banquet gaulois martien.
Tournée générale.
http://www.guardian.co.uk/environment/2011/jun/20/artificial-meat-emissions

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