Les Champs de Carton

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Un ingénieur Israëlien vient de mettre au point un vélo en carton. L’énoncé est plaisant, et tout à fait dans l’air du temps. Pour ne rien gâcher, son coup de fabrication était annoncé au mois de juillet entre 7 et 10€, ce qui laisse songeur le parisien qui soupire encore le vol de sa cinquième bicyclette. Si la production en série permettait de faire descendre ce tarif à 1€, il deviendrait dérisoire de même se préoccuper de l’attacher avant d’aller rouler sous les tables de la butte aux Cailles.

Cela semble trop facile pour être réel et on peut supposer que le prix annoncé ne tient pas compte de la main d’œuvre. Cette dernière ne pouvant manquer de rafraîchir l’ambiance, comment débusquer un moyen de s’en affranchir ?

L’idéal serait un mécanisme autoréparant qui sache, en l’absence d’intervention humaine, traiter les fibres de cellulose pour produire du carton en forme de vélo. On pense naturellement à l’efficacité du monde végétal, impliqué depuis si longtemps dans des processus d’une similaire complexité. Et l’idée surgit, aveuglante :
Il faudrait des OGM pour produire des vélos.

Ce seraient des plantes génétiquement modifiées dont les fruits seraient des vélos. Des vélotiers. On les sèmerait à l’automne et on filerait se réchauffer au coin du feu. Au printemps, on assisterait à la savante chorégraphie des butineurs, pollinisant les fleurs de vélotier aux fragrances entêtantes, et on récolterait à l’été triomphant, les vélos qui pendent délicatement aux branches, sous une pluie de pétales immaculés (Imaginons le succès au Japon !) L’événement serait l’occasion de festivités enjouées, de danses et de dégustations de liqueur de vélotier fermenté.

On pourrait aussi sélectionner ces organismes pour qu’ils se révèlent naturellement résistants à la vermine, de façon à les cultiver sans l’intervention de ces neurotoxiques si impopulaires, et par là obtenir les premiers vélos bio.

On peut s’interroger sur l’impact de la culture intensive des vélos sur les surfaces de terres agricoles, évidement diminuées d’autant pour la production de nourriture, sujet déjà douloureusement controversé. Une élégante solution serait de rendre ces vélos non seulement bio mais comestibles. A la fin de leur cycle de vie, les vélos seraient recyclés, nettoyés de l’infamie qui souille le pavé des cités de la Terre, et revendus sous forme de purée de vélo bio. Le succès ne saurait nous échapper. La purée de vélo bio va devenir la tocade de la décennie.

Enfin, remarquons que pour développer son astucieuse inidustrie, notre inventeur est réputé s’être inspiré des techniques de pliage d’origami. Il est impossible de ne pas confronter cette information avec le travail de recherche japonais, sur les véhicules de rentrée atmosphérique suscité par les mêmes techniques.

C’est devenu une évidence que de l’affirmer : l’avenir des transports est à l’Origami.

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