
Psy, le pétulant interprète et chorégraphe de K-Pop sud-coréen est pressenti par le Secrétaire Général de l’ONU pour user de l’influence mondiale de sa musique afin de contrer le réchauffement climatique.
Apparue sur un agrégateur de presse en ligne, la nouvelle peut dérouter l’internaute, ainsi que cette précision de Reuters : le chanteur aurait appris à Ban Ki Moon à danser son Gangnam Style avec les bras, sans toutefois ajouter les petits sauts chevalins. Pour courronner son triomphe, place du Trocadéro la semaine dernière, l’artiste a su transfigurer 20 000 de ses adorateurs venus lui rendre hommage.
Le seul pays à résister au charme de la prestation serait le Japon, où certains blogs dénoncent même une conspiration robotique (20 Minutes).
La réaction première du passant est de classer immédiatement l’information dans la liste des fréquentes toquades sans conséquences qui peuplent les actualités (qui se souvient de la Tektonik ?), afin de s’en retourner à la confortable et édifiante contemplation des abîmes.
Mais la projection du film Argo bouleverse cette habitude en exposant une anecdote dont personne ne s’était avisé de m’informer.
Figurez-vous que les 6 otages de l’ambassade américaine qui avaient fui pendant la crise iranienne de 1979 vers l’ambassade canadienne, ont réussi à sortir d’Iran et ainsi échapper à une mort infamante, en se faisant passer pour une équipe de tournage d’un film de SF que la CIA avait organisé pour l’occasion.
Afin de crédibiliser la supercherie, un véritable script avait été monté en une épingle qui faisait intervenir des affiches, des aliens en capes et en collants, ainsi qu’une tournée promotionnelle des mille et une nuits.
L’audace et la fantaisie de l’opération forcent l’enthousiasme. Le film serait parait-il romancé, comme c’est l’usage, mais l’affaire aurait bien eu lieu dans un épais secret, avant d’être déclassifiée à la fin du siècle dernier. Cette remarque à elle seule n’autorise-t-elle pas l’internaute à s’entortiller dans la paranoïa comme volutes dans la fumée ?
A la fin de la séance, un curieux couple d’octogénaires m’a confié avec des sourires entendus que le film avait visiblement pour but de préparer les esprits à l’imminente invasion de la Perse.
Comment déchiffrer les événements faussement anodins qui peuplent nos semaines sous l’apparence d’inoffensives baudruches ? Quel sens donner à l’Anomalie ? Quelle infernale conspiration se dissimule-t-elle sous la prestation inqualifiable d’un chanteur Coréen ? Pourquoi Vladimir Poutine ressemble-t-il tant à un espion britannique ?

…à la moindre occasion, ils font les larrons…

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