DMC-12

Published by

on

La société Golden Spike prétend organiser des séjours lunaires pour milliardaires dans une dizaine d’années!
J’ignore quelle mouche pique la planète ces derniers temps mais il n’est question que de migration interplanétaire, de navigation vers le deuxième point de Lagrange, et voici que l’on envoie la jet set traverser Van Allen.
Les élégantes n’ont qu’à bien se tenir, l’espace interplanétaire va enfin devenir chic. Oubliés les weekends à Bali et les yachts exorbitants. L’avenir est à la capsule pressurisée, aux procédures de transfert et à la poussière de roche. Le voyage dans la Lune sera la coquetterie des années 2020.

Il ne reste à Louis Vuitton qu’à se lancer au plus vite dans la création de malettes de voyage zero-g à l’épreuve du vide et des abrasions du régolithe. Là où l’on reconnaissait le jet setter à ses souliers en cuir patiné et ses lunettes enveloppantes, on remarquera désormais un fantasque bibendum en bottines de l’espace. C’est très prometteur.

La combinaison spatiale peut-elle devenir en vogue ? Disposerons-nous de créateurs suffisamment habiles pour laisser transpirer sous l’impératif technologique, toute la distinction et le style, qui naturellement ruisselle sur le muscadin ?

On peut prédire qu’une chose qui ne manquera pas de caractère seront les défilés. Afin de souligner toutes les qualités des tenues sidérales, les défilés de haute couture auront sans doute lieu en apesanteur, et feront tourbillonner en orbite basse des ribambelles de mannequins mimant l’ouverture d’une fleur de nénuphar.

Comme à l’accoutumée, le style sera sans doute abondamment emprunté, et il sera cocasse de déceler les faquins qui, dépourvus du faste qu’il faut pour les aventures sélénites, se pavaneront attifés de scaphandres de contrefaçon.

Il ne restera alors au dandy qu’à se replier sur certains caractères indémodables du passé, à l’instar du Major John Wickham Gascoyne Beresford Steed, qui jamais ne se vêtit en cosmonaute, et traversa les turbulentes années 1960 avec le couvre-chef et la Bentley d’un gentleman des années 1930.

Vu d’aujourd’hui, le gentilhomme en quête de distinction aurait-il le loisir de piloter un véhicule des années 1980 ?

Certainement pas. Les voitures des années 1980 sont d’une laideur irrémédiable, y compris les Bentley.
En réalité, la seule automobile des années 1980 qui dispose d’un minimum d’allure est la DeLoreane.

Concentré conceptuel de la technophilie pré cybernétique, la DeLoreane permet au dandy de voyager dans le temps, de parier sur des résultats sportifs connus, et de devenir milliardaire afin de s’offrir l’aventure lunaire de Golden Spike. Vos amis vont suffoquer de jalousie.

Laisser un commentaire

Previous Post
Next Post